Archive for Februar, 2020

[ un jour timide ]

Samstag, Februar 29th, 2020

 

 

des arbres nus habitent dans les places et
les ruelles silencieuses. un monument en
pierre pour les enfants morts de la france et
sur un mur un panneau, écrit en blanc et noir

la pratique des jeux
de planche à roulettes
de rollers etc.. est
interdite conformément à
l’arrêté municipal
du 01/07/98

on s’y conforme. et quand le soleil revient
même cette ville assassinée est plutôt jolie

dans la ruelle suivante, je trouve ce café – tu
sais? – peut-être il est ouvert, mais les petites
tables en bois semblent désertes, les lampes
ne brillent pour personne. non, je n’ose pas
y entrer. c’est un jour timide, aujourd’hui

 
—–
 

die schweigenden plätze und gassen gehören kahlen
bäumen. für die toten kinder frankreichs ein denkmal
in stein, an einem haus ein schild, weiss auf schwarz

das ausüben von spielen
mit skateboards
rollschuhen etc… ist
verboten gemäss
kommunaler verordnung
vom 01.07.98

man hält sich dran. und als die sonne hervorkommt, da
sieht sogar diese getötete stadt irgendwie hübsch aus

eine gasse weiter finde ich dies café – du weisst? – es
ist wohl geöffnet, aber die kleinen holztische scheinen
verwaist, die lampen leuchten für niemanden. ich traue
mich nicht einzutreten. heute ist ein schüchterner tag

 

foto: un jour timide
bédarieux, 29. februar 2020

[ l’eau et la rocher ]

Mittwoch, Februar 26th, 2020

 

 

se réveiller au bord de ce ruisseau. le soleil brillait comme
en pleine été dans le nord. mon bain était glacé. alors, j’ai
voulu grimper et j’ai sauté par-dessus les pierres jusqu’à
l’autre rive. enfin montant le versant, pas à pas, lorsqu’une
peur me colle au rocher: tu ne sortiras jamais, jamais de là

pendant longtemps je me suis couché, avec le regard au
soleil, le dos à la montagne, jusqu’à ce que le courage me
revienne. donc, je suis monté et encore descendu mètres
par mètres, en explorant les fragments des rochers et la
végétation autour de la source, jusqu’à ce que je puisse
encore faire confiance à mes sens et à tous mes membres

presque seuls, mes pieds ont trouvé le chemin du retour
presque aussi sûrs qu’à l’époque, si j’ai sauté par-dessus
des terrils de pierre, tout avertissement au vent, la roche
dure m’était plus sûre que les eaux inconnues de la vie

 
—–
 

aufwachen am ufer dieses baches. die sonne glühte wie an
einem mittsommertag im norden. eiskalt war mein bad. da
wollte ich klettern und sprang über die steine zum anderen
ufer, stieg den abhang hinauf, tritt um tritt, bis eine angst
mich an den felsen klebte: da kommst du nie wieder raus

lange lag ich mit dem blick zur sonne, mit dem rücken zum
berg, bis der mut zu mir zurückgeschlichen kam. also stieg
ich um meter auf und um meter wieder ab, erforschte die
brocken der steine und die pflanzen der quellflur, bis ich
meinen sinnen und allen gliedern wieder vertrauen mochte

den rückweg fanden meine füsse fast alleine, beinahe so
sicher wie damals, als ich, alle warnungen in den wind
schlagend, über steinhalden hinab sprang, der harte fels
mir sicherer war, als die unbekannten wasser des lebens

 

foto: wasser und fels
colombière sur l’orb, 23. februar 2020

[ en attente ]

Montag, Februar 17th, 2020

 
en attente, je me suis souvenu de cette chanson, qui était
enrégistrée comme „pilotspur“ (c’est un enregistrement
provisoire), sans effet téchnique, justement pour des
répétitions avec le guitariste américain peter griggs

 
—–
 

beim warten erinnerte ich mich an diesen chanson, den wir
ohne technische effekte als „pilotspur“ für proben mit dem
amerikanischen gitarristen peter griggs aufgenommen hatten

 

‚als ich bei dir war‘ (03-02-2005) (mp3; 13,9mb)
 

[ interprétations ]

Freitag, Februar 14th, 2020

 

 

d’après ce dictionnaire, on traduit charge d’épreuve avec
probebelastung. automatiquement, je lis belastungsprobe

on y trouve un grand nombre d’inexactitudes ou d’erreurs
mais je peux vivre avec elles; c’est un vieux livre, nous
travaillons ensemble depuis longtemps. je suis habitué aux

surprises. un oeuvre, ne faudrait-il pas être assez stable
avant que la charge ne soit testée? n’aurait-elle pas besoin
de développement? n’aurait-elle pas besoin de maturité?

aujourd’hui, le soleil brille sur notre terrasse. je savoure
de la brûlure sur la peau. j’éteinds la brûlure au fond
de ma gorge avec un café tiède et je tourne la page

suivante. in bewegung setzen. c’est voilà ! mettre en
branle
. as-tu m’apporté un timide oui ou un sûr non ?


(puis, je suis sortis de la gorge. sauter dans l’eau
froide, délaver la tristesse, rentrer à la maison et
… s’endormir. j’ai rêvé que nous étions en route.)

 
—–
 

nach diesem wörterbuch wird charge d’épreuve übersetzt
mit probebelastung. automatisch lese ich belastungsprobe

zahlreiche ungenauigkeiten oder fehler finden sich, doch
ich kann damit leben; dies ist ein altes buch, wir arbeiten
schon lange zusammen. überraschungen bin ich gewohnt

sollte ein gewerk nicht ausreichend stabil sein, bevor eine
belastung erprobt wird? brauchte es nicht entwicklung? reife?

heute glüht die sonne über unserer terrasse. ich geniesse
das brennen auf der haut, spüle das brennen hinten in der
der kehle mit einem lauwarmen kaffee hinunter, blättere

um: in bewegung setzen. das ist’s! mettre en branle. hattest
du ein schüchternes ja mitgebracht oder ein sicheres nein?


(dann fuhr ich los zur schlucht. eintauchen ins kalte
wasser, traurigkeit wegspülen, zurückkommen und
… einschlafen. ich träumte, wir wären unterwegs.)

 

foto: gorges de colombières
colombière, 14. februar 2020

[ il faut qu’on parle ]

Montag, Februar 10th, 2020





pendu devant les montagnes, un arc-en-ciel. ‚tu vois, ce que
tu perdrais ?‘, demande-t-il. – oui, je le sais. il faut qu’on parle

 
—–
 

vor den bergen aufgehängt, ein regenbogen. ‚du siehst, was du
verlieren würdest?‘ fragt er. – ja, ich weiss es. wir müssen reden


foto: arc-en-ciel
autignac, 10. februar 2020

[ au-dessus le soleil brillant ]

Freitag, Februar 7th, 2020



les larmes de joie et de peine, retrouvées
entre les cailloux descendent ta rivière
en ramenant l’enfance et l’avenir

au-dessus le soleil brillant, chaud, doux
comme s’il voulait te guérir, te touchant comme
l’amour secret, caché dans les rêves

 
—–
 

die tränen der freude und der trauer, gefunden
zwischen den steinen, treiben deinen fluss hinab
bringen dir kindheit und zukunft zurück

darüber strahlt eine sonne, warm, weich
als ob sie dich heilen wollte, dich streichelnd wie
eine heimliche liebe, versteckt in den träumen


foto: darüber strahlt eine sonne
bédarieux, 07. februar 2020

[ qui manque … ]

Montag, Februar 3rd, 2020



foto: … et qui t’attend
bédarieux, 03. februar 2020

[ finis terrae II ]

Samstag, Februar 1st, 2020


ici, c’est moi l’extraterrestre. seul l’étranger arrête sa voiture
laissant les autres traverser la rue. alors, justement, je me suis
arrêté pour deux cyclistes. un homme, une femme. la femme
avec un chapeau tricoté. une hésitation, un regard au loin, un
regard ici. c’est ainsi que je t’ai reconnue enfin

si je disais, que jusque-là mon monde allait bien, ce ne serait
pas vrai. les fantômes de ce monde ne m’invitent pas à rester
et je ne suis pas sûr de pouvoir le supporter. où le vouloir

avant notre rencontre, j’étais encore là-bas, au bord de la rivière
et je posait ce caillou en forme de coeur dans les eaux proches
du rivage, pour que tu puisse le trouver, un jour. Donc, si je te
disait que mon monde allait bien jusqu’à présent, je mentirai

 
—–
 


hier bin ich der alien. nur aliens stoppen ihr auto, um wartende
über die strasse zu lassen. also hielt ich, eben vorhin, für zwei
fahrradfahrer. ein mann, eine frau. eine frau mit strickmütze. am
zögern, am wegschauen, am herschauen hab ich dich erkannt

würde ich sagen, dass bis dahin meine welt in ordnung war, das
stimmte nicht. die geister dieser welt laden nicht zum bleiben
ein und ich bin nicht sicher, ob ich durchhalten kann. oder will

bevor wir uns trafen, war ich wieder unten am fluss, legte diesen
stein in form eines herzens ins ufernahe wasser, damit du ihn
finden könntest, irgendwann. würde ich dir also sagen, dass bis
eben meine welt noch in ordnung war, das wäre glatt gelogen


autignac, 01. februar 2020