Archive for the ‘uncategorized’ Category

[ la toussaint. allerheiligen ]

Donnerstag, November 11th, 2021

 

 

en klaxonnant, j’arrivais à sa cour pendant qu’il regardait
sa montre. onze heures onze. il l’avait pris tel un signe, dit-il
plus tard. nous nous embrassions et il présentait, comme on
le fait toujours avec des amis qui étaient absent pendant une
longue période, sa nouvelle maison. fier. en grand chagrin

celles-ci étaient tous dispersés ici, par terre, regarde !, et
il me montre une coeur en clous, en plein milieu accroché
avec une goupille en acier d’un poteau en bois. je pense
que c’est le meilleur que tu aies jamais fait, je dis, c’est
complètement toi. c’était là, qu’il a recommencé à pleurer

le premier joint pendant la visite chez un ami mort dans la
forêt. la première bière sur un banc avec une vue sur nos
chères montagnes natales. ainsi nous célébrons notre deuil
lui le sien, moi le mien. et quand la nuit tombe, je tombe
aussi, rève de toi dans un aire de jeu, l’enfant dans le sable

 
—–
 

als ich hupend auf den hof fuhr, schaute er auf die uhr. elf
uhr elf. er nahm dies als ein zeichen, sagte er später. wir
nahmen uns in die arme und er zeigte mir sein neues haus
wie man immer den alten freunden das neue haus zeigt, die
lange fort gewesen sind. mit stolz. und mit grosser trauer

die haben hier alle auf dem hof herumgelegen, schau!, und
er zeigt auf ein herz aus nägeln, mit einem stahlstift mitten
hindurch an einen holzpfahl geschlagen. das, finde ich, ist
das beste, was du jemals gemacht hast, sage ich, das bist
ja komplett du. und da hat er wieder angefangen zu weinen

zum besuch beim toten freund im wald den ersten joint. das
erste bier auf einer bank mit blick über unsere heimatlichen
berge. so feiern wir unsere trauer, er die seine und ich die
meine. und als die sonne hinter den horizont fällt, falle ich
hinterher, träume von dir, am spielplatz, dein kind im sand

 

foto: coeur en clous
nagelherz
im allgäu, 11. november 2021
 
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[ boîte à notes. zettelkasten ]

Montag, November 1st, 2021

 

 

une lettre s’ouvre, mon regard s’accroche d’une phrase
lors que je mets des photos et des lettres dessus, ferme
le couvercle de la caisse. je ne veux pas que tu sois la
chose la plus importante de ma vie.
ça fait toujours

mal. je m’installe, je fait revivre cet appartement avec
des souvenirs. une boîte à notes. derrière chaque pièce
derrière chaque photo une histoire, un sentiment. hier
quand je voulais jouer une de mes chansons, la main

avait oublié le chemin familier sur le manche. là, tu as
l’air presque aussi heureux que le chat.
si, aujourd’hui
je suis plus heureux que jamais, après plus d’une
décennie. comment il est arrivé au chat, je n’en sais

rien

 
—–
 

ein brief blättert sich auf, mein blick bleibt an einem
satz hängen, dann lege ich fotos und briefe darüber
schliesse den deckel der kiste. ich will nicht, dass
du das wichtigste in meinem leben bist.
es tut immer

noch weh. ich richte mich ein, belebe diese wohnung
mit erinnerungen. ein zettelkasten. hinter jedem stück
jedem bild eine geschichte, ein gefühl. gestern wollte
ich einen meiner chansons spielen, da hatte die hand

den gewohnten weg über das griffbrett vergessen. du
siehst da beinahe so glücklich aus wie der kater.
doch
glücklich bin ich heute mehr denn je, über ein jahrzehnt
entfernt. und wie es dem kater ergangen ist, weiss ich

nicht

 

foto: boîte à notes
zettelkasten
sapois, 01. november 2021
 
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[ prénoms. vornamen ]

Sonntag, August 29th, 2021

 

 

à un moment inopportun, au mauvais endroit nous
avons utilisé nos
 prénoms. puis elle a donné à mon
nom mal-aimé une nouvelle sonorité. aussitôt, je
confesse, j’ai fus enchanté. en effet, ce mec-là
avait tellement perdu
 sa tête que les chrétiens ont
créé un jour un mémorial. c’est de mauvais aloi !

ce truc-là, perdre la tête, m’est arrivé plusieurs
fois dans ma vie. entre-temps j’essaye d’éviter ça
seulement et uniquement pour pouvoir descendre
orgastique mon café de midi. et je suis sûr: quand
da vinci avait eu un libre arbitre, à l’époque, il
aurait donné «son» johannes un gobelet à la main

 
—–
 

wir duzten uns am falschen ort zur unpassenden
zeit. dann gab sie meinem ungeliebten vornamen
einen neuen klang. ich bekenne, ich war sofort
verzaubert. der typ da hatte allerdings am ende
so sehr den kopf verloren, dass die christen einen
feiertag draus machten. ein schlechter scherz!

das mit dem kopf verlieren, das ist mir im leben ein
paar mal passiert. inzwischen versuche ich sowas zu
vermeiden, allein, damit ich mittags lustvoll meinen
kaffee runterstürzen kann. und ich bin sicher: hätte
da vinci damals einen freien willen gehabt, hätte er
«seinem» johannes nen becher in die hand gegeben

 

foto: cafe de midi au bord du lac
mittagskaffee am ufer des sees
gérardmer, 11. juli 2021
 
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[ perles et pertes. siege und niederlagen ]

Sonntag, August 22nd, 2021

 

 

encore un après-midi ensoleillé à genoux pour examiner
des beautés minuscules, préciosités négligées, cailloux
tels des pensés, mémoires et mélodies, un sourire, une
petite douleur, perles et pertes, momentes lâchés quelque
part en route, jamais retrouvés. tout mon bonheur dans
ces choses magiques qui comblent les nouvelles coulisses
de ma vie. et ici, un cadavre en décomposition avec un
couple de nécrophores en noir et orange. on peut les ouïr
grignoter et creuser. dégoûtant et attirant cette scène de
théâtre immémorial à la périphérie d’une nécrophile qui
se nourrit de la vente de l’ombre des montagnes torturées

 
—–
 

wieder ein sonniger nachmittag auf den knien, um winzigste
schönheiten zu betrachten, übersehene kostbarkeiten, kiesel
wie gedanken, erinnerungen und melodien, ein lächeln, ein
kleiner schmerz, siege und niederlagen, irgendwo unterwegs
liegengelassene augenblicke, niemals wiedergefunden. all
mein glück in den magischen dingen, die die neuen kulissen
meines lebens ausmalen. und hier ein verfallender kadaver
mit einem pärchen totenkäfer in schwarz und orange. man
kann sie knabbern hören und graben. abstossend, anziehend
schön, diese uralte theaterszene am rande einer totenstadt
die sich vom verkauf des schattens gepeinigter berge ernährt

 

foto: nicrophorus spec.
kichompré, 20. august 2021
 
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[ la beauté et la crotte ]

Sonntag, Juli 25th, 2021

 

 

et alors, demanda-t-il, tu es encore sur le marché ? on
y est toujours, répondit-t-elle. et toi, georg, tu es aussi
sur le marché ? non, dis-je, moi non plus. pas du tout

ici, les papillons sont d’une beauté impressionnante. à
perte de vue, c’est la grande proximité des contrastes

j’y suis arrivé dans la vie quotidienne. on travail, on jure
et on rit ensemble. on s’approche. les prochains jours je
souscrirai le bail. enfin. oui, arriver, ça prend son temps

 
—–
 

und nun bist du also wieder auf dem markt, fragte er?
da ist man doch immer, antwortete sie. und du, georg
bist du auch auf dem markt? nein, sage ich, gar nicht

die schmetterling hier sind beeindruckend schön. und
unübersehbar nah liegen die gegensätze beieinander

bin jetzt im alltag angekommen. man arbeitet, flucht, man
lacht zusammen. lernt sich kennen. den mietvertrag gibt’s
in den nächsten tagen. ja, ankommen braucht seine zeit

 

foto: la beauté et la crotte. das schöne und die scheisse
grand mars changeant. grosser schillerfalter
(apatura iris)
kichompré, 20. juli 2021
 
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[ à la fin de l’arc-en-ciel ]

Dienstag, Mai 25th, 2021

 

 

réellement, dans ce mixage des mondes, dans un tel
pêle-mêle de mots et d’images, dans ce paysage je
me sens arrivé. enfin. hier, au téléphone: j’ai bien dit
correcture ? dit-on comme ça ? non, je voulais dire …

je jouis de cette incertitude, cette confusion qui remet
toujours à nouveau en question tout ce qui était
habitude, su, pu, cette recherche de l’orientation. un
jeu exubérant avec sens, possibilités inconnues

et comme une douleur qui s’est perdue dans le rien tu
ne me manques pas. ça aussi: inconnu, inhabitué. les
solilogues sont restés, monologues internes sans
riposte réelle. alors, pardonne-moi, s’il te plaît, mon
départ sans dernier mot en vain. regret? oui. non. oui

j’espère que tu vas également bien

 
—–
 

tatsächlich, in dieser vermischung der welten, im bunten
durcheinander der worte und bilder, in dieser landschaft
fühle ich mich angekommen. endlich. gestern am telefon:
hab ich korrektion gesagt? heisst das so? nee, ich meinte …

ich geniesse diese alles gewohnte, alles gewusste, alles
gekonnte immer wieder in frage stellende unsicherheit, die
verwirrung, das suchen nach orientierung, ausgelassenes
spiel mit noch unbekannten richtungen, möglichkeiten

und wie ein schmerz, der sich aufgelöst hat, fehlst du mir
nicht. auch das: unbekannt, ungewohnt. geblieben sind
selbstgespräche, innere monologe ohne erwiderung. nun
entschuldige bitte, dass ich fortgegangen bin ohne ein
allerletztes vergebliches wort. bedauern? ja. nein. ja

ich hoffe, es geht dir gleichermassen gut

 

foto: à la fin de l’arc-en-ciel
am ende des regenbogens
gérardmer, 22. ­mai 2021
 
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[ l’image ne colle pas. das bild stimmt nicht ]

Mittwoch, Mai 19th, 2021

 

 

… prairies de montagne. c’est le parfum des prés
 des
alpages à peine fauchés. la lueur du matin, dehors, et

cet arôme m’évoquent réellement du voralberg de mon
enfance. n’ai-je pas un jour voulu vivre dans les

montagnes?

bien sûr, il pleut à nouveau. les nuages sont suspendues
entre collines boisées. il est singulariquement silencieux
et en même temps rempli de … qu’est-ce que c’est ?

peut-être, c’est justement le son de la pluit dans les
forêts et les cluses qui, prise par petits ruisseaux, se
précipite dans la vallée en tourbillons sans fin. oui
c’est à peu près le son …

 
—–
 

… bergwiesen. es ist dieser geruch frisch gemähter
almenwiesen. das frühe morgenlicht, draussen, und
jenes aroma erinnern mich an das voralberg meiner
kindheit. wollte ich nicht immer mal in den bergen

leben?

natürlich regnet es wieder. die wolken hängen hier
tief zwischen bewaldeten höhen. es ist eigentümlich
still und gleichzeitig angefüllt mit … was ist das?

vielleicht einfach nur der klang des regens in den
wäldern und schluchten, der von schmalen bächen
aufgenommen, in unendlichen windungen wirbelnd
ins tal hinunterstürzt. ja, so in etwa klingt es …

 

foto: forêt de montagne
bergwald
gérardmer, 16. ­mai 2021
 
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[ charme caché. verborgener zauber ]

Donnerstag, Mai 13th, 2021

 

 

tomber amoureux, spontanément, ça m’a l’air different. en réalité
je suis deçu sans avoir eu de l’espoir. ou alors, silencieusement ?

à un signe de bienvenue ? quand j’arrivai, enfin, la ville semblait
abandonnée. du nord, la rue serpenta au-dessus des montagnes

un paysage de forêts fragmenté, fermes solitaires. des pentes, les
maison se rapprochent plus étroitement. une station-service, un
super-marché, blocs d’immeubles. maisons plus petites, fassades
des enjolivures fanées écroulantes sans deuil, n’importe comment
sorties du temps. une usine, là, une autre. pas d’homme, pas de
voiture, pas de mouvement. un grand silence gris, un lac à côté

évidemment la pluie tomba toujours, compagnon infatigable. le
charme caché de cet endroit me fait perdre mon premier sommeil

 
—–
 

sich spontan zu verlieben fühlt sich anders an. tatsächlich bin ich
enttäuscht ohne hoffnung gehabt zu haben. oder doch, heimlich?

auf zeichen des willkommens? als ich endlich ankam, schien die
stadt verlassen. von norden her wand sich die strasse über berge

eine zerrissene waldlandschaft, einzelne höfe. von den hängen
herab rücken die häuser dichter zusammen. eine tankstelle, ein
supermarkt, dann wohnblöcke. kleinere häuser, fassaden mit
verblichenem zierrat, zerbröckelnd ohne trauer, irgendwie aus
der zeit gefallen. da eine fabrik, eine zweite. kein mensch, kein
auto, keine bewegung. eine grosse graue stille, daneben ein see

natürlich fiel noch immer der regen, unermüdlicher begleiter. der
verborgene zauber dieses ortes raubt mir meinen ersten schlaf

 

foto: le lendemain
der nachfolgende tag
gérardmer, 13. mai 2021
 
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[ et ta vie n’est plus comme avant ]

Samstag, Mai 1st, 2021

 

 

le matin, déçu par l’absence des nouvelles attendues
impatiemment. parmis des nuées, un soleil flasque vole
au-dessus d’une mer somnolante. à midi, ouvrir la boîte
réception et instantanement, ta vie n’est plus comme
avant. faire table rase, faire sa valise et enfin c’est parti

quand je pars, ce matin, la pluie apparaît de nouveau

 
—–
 

am morgen enttäuscht über das ausbleiben der ungeduldig
erwarteten nachrichten. zwischen den wolken schwebt eine
kraftlose sonne über einem schläfrigen meer. am mittag
den posteingang öffnen und plötzlich ist dein leben nicht
mehr wie vorher. alles aufräumen, einpacken und endlich los

als ich an diesem morgen losfahre, setzt der regen wieder ein

 

foto: et ta vie n’est plus comme avant
und dein leben ist nicht mehr wie vorher
kiel, 29. april 2021
 
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[ un moment idéal. ein idealer zeitpunkt ]

Dienstag, April 13th, 2021

 

 

résister ou succomber? telle est la question, toujours, quand
il y a quelque tentations. tu as choisi ta voie et j’ai choisi la
mienne. ma place n’est plus à tes côtés. c’est de m’occuper de
mes propres besoins. c’est de sauver ma peau, mon âme, mes
rêves qui sont en vie depuis que j’étais enfant. donc, c’était le
moment idéal pour repartir chez moi, chez mon foyer, le plus
vite que possible. trouver un endroit au milieu de tous mes
vœux, au sein de ma grande famille, dispersée sur deux pays

 
—–
 

widerstehen oder nachgeben? das ist immer die frage, wenn
es versuchungen gibt. du hast deinen weg gewählt und ich
meinen. mein platz ist nicht mehr an deiner seite. es gilt, mich
jetzt um meine eigenen dinge zu kümmern. die eigene haut
zu retten, meine seele, meine träume, lebendig seit ich kind
war. schnellstens zu mir zurückzukehren, nachhause, jetzt
wäre der ideale zeitpunkt. einen ort finden in der mitte aller
wünsche, meiner grossen familie, über zwei länder verteilt

 

foto: un moment idéal
ein idealer zeitpunkt
kiel, 07. april 2021
 
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[ début silencieux. stiller anfang ]

Dienstag, Januar 5th, 2021

 

 

se réveiller sans nausées, c’est au moins à moitiée digne d’un
départ de la nouvelle année. normalement, je fais un geste de
dénégation et je dis: je m’en fous, ça ne compte pas, continuer. da

capo. mais trois pas en avant et trois en arrière, ne va pas
ici. undo undo undo et tout est comme avant. il n’y a pas de
logiciel de retouche d’images. on n’efface rien. je n’oublie pas, tu

n’oublies pas. ne retournez pas sur la case départ. ne retirez pas
d’argent. ce qu’on doit traverser, c’est qu’on a accumulé. la chance
et la casse, toute une vie. pas de retour. c’est un début silencieux

 
—–
 

ohne übelkeit aufzuwachen ist zumindest der halbwegs würdige
anfang eines neuen jahres. normalerweise winke ich da ab und
sage: ist mir egal, zählt nicht, einfach weiter so. da capo. aber

drei schritte vor und drei zurück, geht hier nicht. undo undo
undo und alles ist wie zuvor. keine digitale bildbearbeitung. hier
löscht man nichts. ich vergesse nicht, du vergisst nicht. gehe

nicht über los. zieh kein geld ein. das, wo wir durch müssen, ist
das, was wir angehäuft haben. glück und scherben, ein ganzes
leben. kein zurück. das ist der stille anfang eines neuen jahres

 

foto: début silencieux
stiller anfang
tangermünde, 25. dezember 2020
 
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[ art sur la tôle de soudage. peu ou prou ]

Dienstag, Dezember 29th, 2020

 

 

le stylo me grise, je dis, quand même je pense le
petit mais au moins troisième (troisième ?) cordial. ah !
je dis et je corrige l’erreur. je croix que la débilimence
prématurée m’attaque déjà. c’est quoi qui t’attaque ?
demande-t-il. c’est ça, je dis, on est arrivé là. il faut
que je rentre à la maison, la nuit tombe

c’est samedi et en fait nous nous sommes rencontrés
brièvement, mais maintenant nous avons poussé cet
après-midi au bord d’un gouffre en parlent et en
consomment du cordial. il fallait bien que ça finisse, je
dis. et pourquoi est-ce qu’il faut que je me souhaite
vivement un avenir heureux quand je vis un présent
veinard ?

au lieu d’être dans l’expectative sans bouger j’embellis
mes journées en bricolant. art sur la tôle de soudage. au
bout de la journée je suis cassé et content et parfois il
reste un peu d’énergie pour une soirée peu ou prou
plein d’esprit avec les amis

 
—–
 

der kugelschreiber steigt mir zu kopf, sage ich, und meine
doch eigentlich den kleinen, aber mindestens dritten (dritten?)
likör. oh, sage ich und korrigiere meinen irrtum, ich glaube
die frühdebilenz setzt schon bei mir ein. was setzt ein?, fragt
er, eben, sage ich, soweit ist es schon. ich muss nachhause
gehen, ist ja eh schon dunkel

es ist samstag. wir trafen uns eigentlich nur ganz kurz, aber
jetzt haben wir den nachmittag mit reden und likörtrinken an
den rand eines abgrunds getrieben. irgendwann, sag ich, muss
ja auch mal schluss sein. und wozu muss ich eigentlich eine
glückliche zukunft ersehnen, wenn ich doch eine glückliche
gegenwart habe?

anstatt bewegungslos abzuwarten schraube ich mir meine
tage schön. kunst am schweissblech. am ende eines tages
bin ich kaputt und zufrieden und manchmal reicht die kraft
noch für einen mehr oder weniger geistvollen abend mit
freunden

 

foto: art sur la tôle de saudage. peu ou prou
kunst am schweissblech. mehr oder weniger
kiel, 12. dezember 2020
 
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[ temps de la brume. zeit des nebels ]

Sonntag, Dezember 6th, 2020

 

 

on s’était rencontré, on était ensemble malgré la situation
covid et on a parlé de la musique, ce soir. nos préférences
étaient bien différentes. à la fin nous avons écouté la chanson
d’un chansonnier hollandais, robert long. malheureusement
en allemand (pardon, mes amis français !). je l’ai écouté
il y a presque trente ans. aujourd’hui, elle est toujours
d’actualité d’une manière ou l’autre, dans ce temps de la
brume: «abschied»°. une fois, il faut qu’on trouve, l’autre
fois, il faut qu’on perde un lien. à la fin tes préférences sont

déterminantes

 
—–
 

wir haben uns getroffen, waren zusammen trotz covid, sprachen
über musik, an diesem abend. unsere vorlieben waren ziemlich
verschieden. am ende hörten wir das lied eines holländischen
liedermachers, robert long. leider auf deutsch (verzeiht, meine
französischen freunde!). ich hörte es vor ungefähr dreissig
jahren. heute ist es immer noch aktuell, auf die eine oder andre
weise, in dieser zeit des nebels: «abschied»°. mal findest du, mal
verlierst du eine verbindung. am ende sind deine vorlieben

entscheidend

 

foto: temps de la brume
zeit des nebels
geltinger birk, 03. dezember 2020
aufnahme: hanna poddig © 2020
 
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° source externe/externe quelle: youtube. robert long © 1980
(faites attention, svp, cette pièce est cruelle et moqueuse !)
(achtung, dieses stück ist grausam schnulzig!)

[ motomontage ]

Mittwoch, November 18th, 2020

 

 

dans cet instant où j’étais disposé pour l’avenir c’est
justement celui qui ne semble plus exister. un big-bang
plus loin se trouve notre rencontre, un nouvel univers
est né, et dans mes rêves tu fais ton adieux comme des
années auparavant, encore et encore, lorsque je cours
escalier et escalier dans des maisons en évolution qui
ne me sont pas étrangères. on s’est toujours rencontrés
au mauvais endroit au mauvais moment. et perdus. le

réveil sonne

en haut, chuchote le bruillard du matin, en haut, prends
ton util en main, prends ton courage et ton marteau et la
chaleur de ta véhémence. en haut, va forger ta fortune !

 
—–
 

jetzt, da ich bereit wäre eine zukunft zu sehen, scheint es
gerade diese nicht mehr zu geben. einen urknall entfernt
liegt unsere begegnung, eine neue welt ist entstanden. in
meinen träumen verabschiedest du dich wie in jahren zuvor
wieder und wieder, während ich treppauf, treppab laufe, in
mutierenden häusern, die mir nicht fremd sind. wir haben
uns immer zur falschen zeit am falschen ort gefunden. und

verloren. der wecker klingelt

auf, flüstert der morgennebel, auf, nimm deine werkzeuge
in die hand, nimm deinen mut und deinen hammer und die
hitze deiner leidenschaft. auf, geh schmieden dein glück!

 

foto: motomontage
kiel, 16. november 2020
 
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[ couleurs de l’automne. farben des herbstes ]

Samstag, Oktober 31st, 2020

 

 

on va voir les amis, ici, et les autres manquent comme
les couleurs de l’été. on attend que quelque chose se
passe, enfin. chaque jour se reveille avec de l’espoir et
une tasse de café et tu deviens aussi délicieux comme
un canasson. vieilli. mais oui, je goûte ça. dehors, les
couleurs de l’automne et la pluie, cette pluie sans cesse

oui, tu as raison, tu es un peu hirsute, pendent ce temps

 
—–
 

man geht die freunde besuchen, hier, und die andern fehlen
wie die farben des sommers. warten, dass sich endlich etwas
tut. jeder morgen beginnt mit hoffnung und kaffee, und man
wird zauselig wie ein alter gaul. alt. doch, ich mag’s. draussen
die farben des herbstes und regen, unaufhörlich, dieser regen

ja, du hast schon recht, man wird ein wenig struppig dabei

 

foto: aux couleurs de l’automne
in den farben des herbstes
kiel, 25. oktober 2020
 
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[ quoi de neuf ? was gibt’s neues? ]

Montag, September 21st, 2020

 

 

malgré covid, j’ai dû terminer le monopoly français
tandis que je suis retourné sur la case départ en
retirant de l’argent. dans mon cas, c’est l’allocation
de chômage en allemagne. pas mal. pas perdu. mais …

ici, on porte des masques ou on ne les porte pas. on
parle de la conspiration, on parle du contraire ou
on ne parle plus. on fait les courses en avançant
en zigzag à cause de la peur ou par prudence. on
apprend à danser seul ou il faut qu’on s’en abstient

le premier août 2020, à berlin, la capitale du pays
de la folie, une manifestation «anti-corona». à la fin
dix-sept milles sont unis dans la dingue conviction
qu’ils soient un point trois millions. bien sûr, on
pense, déja connu, la mégalomanie allemande. mais
pas plus tard, le 29 août 2020, une «attaque contre
le reichstag» est organisée par les extrèmes droits

là, les têtes chauves marchent main à main avec les
dreadlocks et les châpeaux en aluminium. ils crient
«deutschland, deutschland». ils veulent récupérer
l’empire ou quelque chose de pire, ils maudissent
ou ils font un ban pour putin ou trump, c’est selon
qu’on gueule l’une où l’autre parole. et moi, je
frissonne d’effroi de plus en plus chaque jour en
triant ces amis, qui n’ont pas encore perdus l’esprit

le soleil moribond s’est pendu au ciel pleureur, est y
situé tout en bas. ici, le vent humide est toujours
froid. les feuilles deviennent jaune et rouge et brune
et tombent par terre. mince. vraiment, j’y suis revenu

 
—–
 

dank covid beendete ich, indem ich über «los» ging
und dort geld einzog, das französische monopoly. in
diesem fall das arbeitslosengeld in deutschland. das
ist nicht schlecht. nicht verloren. und dennoch …

hier trägt man masken oder man trägt sie nicht. man
spricht ganz offen von verschwörung, man spricht
vom gegenteil oder man spricht gar nicht mehr. man
erledigt seine einkäufe in schlangenlinien, aus
angst oder aus vorsicht. man lernt alleine zu
tanzen oder man muss eben darauf verzichten

am ersten august 2020 ein «anti-corona»-protestzug
in berlin, hauptstadt im land des wahnsinns. am ende
sind siebzehntausend demonstranten durch die irre
überzeugung vereint, eins komma drei millionen zu
sein. na klar, denkt man, das kennt man, deutscher
grössenwahn. aber nicht viel später, am 29. august
2020, organisieren die extrem rechten einen «sturm
auf den reichstag». da marschieren die glatzen
hand in hand mit dreadlocks und aluminiumhüten

sie schreien «deutschland, deutschland». sie wollen
ihr kaiserreich zurück oder schlimmeres, fluchen auf
putin und trump und lassen sie hochleben, je nach
parole, die gerade gebrüllt wird. mich gruselt’s von
tag zu tag mehr beim aussortieren der verbliebenen
freunde, die den verstand noch nicht verloren haben

eine sterbende sonne hat sich tief am trauernden himmel
aufgehängt. der feuchte wind ist hier immer kalt. die
blätter werden gelb und rot und braun und fallen tot
zu boden. so’n mist. ich bin wirklich zurückgekommen

 

foto: un soleil moribond. eine sterbende sonne
kiel-holtenau, 10. august 2020
 
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[ une chose, l’autre, comme d’hab. das eine, das andere, wie immer ]

Donnerstag, Mai 21st, 2020

 

 

un amour perdu, l’autre retrouvé. ça va son chemin, en

perdant, en retrouvant, en perdant de nouveau. une
chose, l’autre, comme d’hab. ainsi je m’ai donné à ma
mer, qui s’est étendue à moi avec son crâne couvert

de mousse. submerger, émerger, encore et encore

 
—–
 

eine liebe verloren, eine zurückgewonnen. das geht so

seinen weg, verlieren, wiederfinden, verlieren. das eine
das andere, wie immer. so hab ich mich meinem meer
hingegeben, das sich mir mit seinem moosigen schädel

entgegenstreckte. abtauchen, auftauchen, immer wieder

 

foto: un amour vache. eine wilde liebe
le pradet, 21. mai 2020
 
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[ you have to go on, make sure what happens ]

Montag, Mai 11th, 2020

 

 

doucement, les vagues battent contre le navire. lève-toi !
disent-elles, ton bateau dérive. ton ancienne ancre ne te
tient plus. si il y a une équipe à bord, donne la direction

lève-toi !, disent les vagues, et en route !, ton ancre a
disparue, ton bateau flotte vers le rocher, maintenant il
faut que tu mettes les voiles, que tu tiennes la barre vers
l’accalmie et le port. l’ancre est perdue, est liberée du
poids d’un bateau qui ne pouvait pas la retenir. en haut !
disent les vagues, lève-toi ! doucement, doucement, elles
tapotent leur avertissement contre le ventre plat de ton

navire. you have to go on and make sure what happens

 
—–
 

leise schlagen die wellen ans schiff. steh auf!, sagen
sie, dein boot treibt fort. dein alter anker hält dich nicht
mehr fest. ist eine crew an bord, gib eine richtung aus

steh auf!, sagen die wellen, und hoch!, dein anker ist
los, dein boot treibt auf die klippen zu, jetzt musst du
segel setzen. jetzt musst du ans steuer, die ruhigen
wasser finden und einen hafen auch. verloren ist der
anker, ledig der last eines schiffes, das ihn nicht halten
kann. auf!, sagen die wellen, steh auf!, trommeln ihre
mahnung leise, ganz leise an den flachen bauch deines

schiffes. you have to go on and make sure what happens

 

foto: je jette l’encre pour toucher le fond
ich werfe den tintenanker, um den grund zu berühren
la seyne sur mer, 12. september 2019
 
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[ le rêve est arrivé à sa fin. der traum ist aus ]

Samstag, Mai 9th, 2020

 

 

le rêve est arrivé à sa fin. tantôt, tu m’avais parlé. et
qui veux-tu dire, ai-je demandé. et là, une haute lune

argentée se dresse sur les pins endormis. les brisants
rapportent la musique et les rires d’un bateau. sous le
couvert de la nuit on célèbre la fin à venir du cachot

est-ce une solution? enchaîner, rien ne s’est passé?
tout ce qui est perdu et tous les perdus éclipser le
temps d’une grosse fête? espérer qu’on aura du bol
à nouveau, la prochaine fois, qui viendra sûrement?

qui se courbait aussi bas sans résistance, peut-il se
tenir debout désormais? peut-on vraiment déboucher
la bouteille, rire, danser, sans inventaire? dis-moi …
n’avons-nous pas tout perdu, depuis longtemps?

mes nuits sont un livre. chaque frayeur tourne une
page. et, je t’ai questionné, as-tu pensé à nous?

avant je trouvais la réponse au clair de lune qui déverse
son argent sur les pins endormis. à présent je me
réveille avec le coeur qui palpite et les mains endolories
accrochées à je ne sais quoi. le rêve est arrivé à sa fin

 
—–
 

der traum ist aus. du hattest mit mir gesprochen, eben
noch. wen meinst du eigentlich, so fragte ich. und dort

steht ein hoher mond silbern über den schlafenden
kiefern, mit der brandung wogt musik und gelächter
übers meer heran. im schutze der nacht feiert man
auf einem boot das kommende ende dieses kerkers

ist das eine lösung? einfach weitermachen, nichts
ist geschehen? alles, was verloren, alle verlorenen
mit einem grossen fest vergessen? hoffen, dass wir
weiter glück haben, beim sicheren nächsten mal?

wer sich ohne widerstand so tief gebeugt hat, kann
der aufrecht weiterleben? geht das, eine neue flasche
entkorken, lachen, tanzen, ohne inventur? du, sag
mir, haben wir vielleicht lange schon alles verloren?

meine nächte sind ein buch. jedes erschrecken schlägt
eine seite auf. und, fragte ich, hast du an uns gedacht?

früher fand ich antwort im licht des mondes, sein silber
ausgiessend über schlafende kiefern. nun erwache ich
klopfenden herzens, meine hände halten schmerzhaft
woran ich mich nicht erinnern kann. der traum ist aus

 

foto: dans la nuit
le pradet, 27. april 2020
 
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[ si les culs viennent te voir pendant la nuit. wenn die ärsche dich nachts besuchen kommen ]

Sonntag, April 26th, 2020

 

 

la vie tourne en ronds et m’a laissé des couleurs qui
décorent mes nuits bariolées et vives. là, chacun que
j’ai jamais rencontré vient me voir comme un ami

parfois aussi les culs. hélas ! j’aurais été tracassé
hier. aujourd’hui, ma maison a des murs forts avec
fenêtres, portes, toutes ouvertes et pleine de vie

mais le jour je n’arrive pas à redonner les feuilles
aux arbres. personne ne peut ni ôter les mots de ton
livre, ni parvenir à modifier les faits vers ton propre
désir. ça ne colle pas. that doesn’t match. das passt

nicht. si la confiance est absente comme l’amour, il
n’y a pas de foyer. j’aurais été tracassé, hier. je
vis au paradis, maintenant, sans le ciel ni la terre

 
—–
 

das leben dreht sich im kreis, hat farben dagelassen
die meine nächte bunt und grell gestalten. da kommt
wer jemals mir begegnet war, als ein freund ins haus

manchmal auch die ärsche. leider. gestern noch wäre
ich beunruhigt. heute hat mein haus starke wände mit
fenstern, mit türen, alles ist weit geöffnet, voller leben

am tage jedoch kriege ich die blätter nicht zurück an
die bäume. niemand kann dein buch leer schreiben
und die dinge lassen sich nicht beliebig zu deinem
ende biegen. das passt nicht. that doesn’t match. ça

ne colle pas. wo vertrauen, ja, wo liebe fehlt, mangelt
es an heimat. gestern noch wäre ich beunruhigt. jetzt
wohne ich in einem paradies ohne himmel und erde

 

foto: si les culs viennent te voir
wenn die ärsche dich besuchen kommen
la seyne sur mer, 23. september 2019
 
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