Archive for Mai, 2020

[ une chose, l’autre, comme d’hab. das eine, das andere, wie immer ]

Donnerstag, Mai 21st, 2020

 

 

un amour perdu, l’autre retrouvé. ça va son chemin, en

perdant, en retrouvant, en perdant de nouveau. une
chose, l’autre, comme d’hab. ainsi je m’ai donné à ma
mer, qui s’est étendue à moi avec son crâne couvert

de mousse. submerger, émerger, encore et encore

 
—–
 

eine liebe verloren, eine zurückgewonnen. das geht so

seinen weg, verlieren, wiederfinden, verlieren. das eine
das andere, wie immer. so hab ich mich meinem meer
hingegeben, das sich mir mit seinem moosigen schädel

entgegenstreckte. abtauchen, auftauchen, immer wieder

 

foto: un amour vache. eine wilde liebe
le pradet, 21. mai 2020
 
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[ you have to go on, make sure what happens ]

Montag, Mai 11th, 2020

 

 

doucement, les vagues battent contre le navire. lève-toi !
disent-elles, ton bateau dérive. ton ancienne ancre ne te
tient plus. si il y a une équipe à bord, donne la direction

lève-toi !, disent les vagues, et en route !, ton ancre a
disparue, ton bateau flotte vers le rocher, maintenant il
faut que tu mettes les voiles, que tu tiennes la barre vers
l’accalmie et le port. l’ancre est perdue, est liberée du
poids d’un bateau qui ne pouvait pas la retenir. en haut !
disent les vagues, lève-toi ! doucement, doucement, elles
tapotent leur avertissement contre le ventre plat de ton

navire. you have to go on and make sure what happens

 
—–
 

leise schlagen die wellen ans schiff. steh auf!, sagen
sie, dein boot treibt fort. dein alter anker hält dich nicht
mehr fest. ist eine crew an bord, gib eine richtung aus

steh auf!, sagen die wellen, und hoch!, dein anker ist
los, dein boot treibt auf die klippen zu, jetzt musst du
segel setzen. jetzt musst du ans steuer, die ruhigen
wasser finden und einen hafen auch. verloren ist der
anker, ledig der last eines schiffes, das ihn nicht halten
kann. auf!, sagen die wellen, steh auf!, trommeln ihre
mahnung leise, ganz leise an den flachen bauch deines

schiffes. you have to go on and make sure what happens

 

foto: je jette l’encre pour toucher le fond
ich werfe den tintenanker, um den grund zu berühren
la seyne sur mer, 12. september 2019
 
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[ le rêve est arrivé à sa fin. der traum ist aus ]

Samstag, Mai 9th, 2020

 

 

le rêve est arrivé à sa fin. tantôt, tu m’avais parlé. et
qui veux-tu dire, ai-je demandé. et là, une haute lune

argentée se dresse sur les pins endormis. les brisants
rapportent la musique et les rires d’un bateau. sous le
couvert de la nuit on célèbre la fin à venir du cachot

est-ce une solution? enchaîner, rien ne s’est passé?
tout ce qui est perdu et tous les oubliés éclipser le
temps d’une grosse fête? espérer qu’on aura du bol
à nouveau, la prochaine fois, qui viendra sûrement?

qui se courbait aussi bas sans résistance, peut-il se
tenir debout désormais? peut-on vraiment déboucher
la bouteille, rire, danser, sans inventaire? dis-moi …
n’avons-nous pas tout perdu, depuis longtemps?

mes nuits sont un livre. chaque frayeur tourne une
page. et, je t’ai questionné, as-tu pensé à nous?

avant je trouvais la réponse au clair de lune qui déverse
son argent sur les pins endormis. à présent je me
réveille avec le coeur qui palpite et les mains endolories
accrochées à je ne sais quoi. le rêve est arrivé à sa fin

 
—–
 

der traum ist aus. du hattest mit mir gesprochen, eben
noch. wen meinst du eigentlich, so fragte ich. und dort

steht ein hoher mond silbern über den schlafenden
kiefern, mit der brandung wogt musik und gelächter
übers meer heran. im schutze der nacht feiert man
auf einem boot das kommende ende dieses kerkers

ist das eine lösung? einfach weitermachen, nichts
ist geschehen? alles, was verloren, alle verlorenen
mit einem grossen fest vergessen? hoffen, dass wir
weiter glück haben, beim sicheren nächsten mal?

wer sich ohne widerstand so tief gebeugt hat, kann
der aufrecht weiterleben? geht das, eine neue flasche
entkorken, lachen, tanzen, ohne inventur? du, sag
mir, haben wir vielleicht lange schon alles verloren?

meine nächte sind ein buch. jedes erschrecken schlägt
eine seite auf. und, fragte ich, hast du an uns gedacht?

früher fand ich antwort im licht des mondes, sein silber
ausgiessend über schlafende kiefern. nun erwache ich
klopfenden herzens, meine hände halten schmerzhaft
woran ich mich nicht erinnern kann. der traum ist aus

 

foto: dans la nuit
le pradet, 27. april 2020
 
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