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[ être tendre, maintenant. zeit für zärtlichkeit ]

Samstag, August 29th, 2026

 

être tendre, maintenant, demande-t-elle, mais
bien sûr, elle ne le demande pas vraiment. les
chats ne parlent pas, seuls les cochons d’inde
en sont capables °, vraiment très rarement, lors
d’occasions spéciales, et seulement si tu es
très, très attentif. trop souvent, il ne reste rien
d’autre que cette question, car le temps vient
à manquer pour cette tendresse qui englobe
tout et exclut tout. cinq minutes, réponds-je
après un rapide coup d’œil à ma montre, car
je dois partir travailler. celui-ci consiste, outre
un effort physique sous la pression du temps
extrême – et bien sûr, dans les conditions
habituelles ici d’exploitation totale et de
corruption, ridiculement mal payé –, à parler
et – oui , exactement ! -, à faire preuve de
tendresse. du moins si j’entends ce terme au
sens large. j’ai pourtant de la chance ; d’autres
lancent des bombes à la chaîne, comme si
c’était aujourd’hui tout à fait normal partout

 
—–
 

zeit für zärtlichkeit, fragt sie, aber natürlich
fragt sie mich nicht. katzen reden nicht, nur
meerschweinchen können das °, nur ganz
manchmal bei besonderen gelegenheiten
und nur, wenn du sehr, sehr achtsam bist. zu
oft bleibt nicht mehr als diese frage, denn
die zeiten sind eng geworden für das alles
einschliessende, alles ausschliessende
zärtliche. fünf minuten, antworte ich nach
schnellem blick auf die uhr, denn ich muss
los zur arbeit. die besteht neben körperlicher
anstrengung bei extremem zeitdruck – unter
den hier üblichen bedingungen von totaler
ausbeutung und korruption selbstverständlich
unverschämt schlecht bezahlt -, aus reden
und – ja genau! – zärtlichkeit. zumindest wenn
ich diesen begriff sehr weit fasse. dabei hab
ich noch glück; andere werfen heute bomben
im akkord, als ob das ein normaler alltag wär

 

foto: être tendre, maintenant ?
zeit für zärtlichkeit ?
la garde, 01. august 2026
 
 
° paul gallico – un cochon d’inde nommé jean-jacques (1965)
(titre original : the day the guinea-pig talked, 1963)
° paul gallico – der tag an dem das meerschweinchen reden konnte (1965)
(originaltitel: the day the guinea-pig talked, 1963)

 
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[ ‚ia‘ – ou : en riant vers le coucher du soleil ]

Sonntag, August 2nd, 2026

 

la vie en soi, elle n’a aucune valeur. noir et
blanc, la vie ou la mort. zéro et un. des
programmes nous expliquent les relations
humaines, déclenchent des catastrophes
et les éteignent, selon la routine, selon le
prix, selon le goût. dit-on « la bombe», ou
« le bombe », ou existe-t-il encore des
genres à côté, entre les deux ou en
dehors ? ce genre de choses brise les
amitiés, fait naître des guerres, où, de
chaque côté, des dieux bien nourris savent
transformer des corps humains en
munitions. hier, c’était le pain de ton voisin
que tu mangeais; demain, tu boiras son
sang : tel est l’homme lorsqu’il semble
avoir atteint au bout du chemin. le monde
brûle en été là où il doit brûler, et vous, qui
vous lamentez aujourd’hui, vous l’avez
su avant d’y couler vos fondations de
béton. on ne peut tout simplement pas tout
contrôler. aujourd’hui, seuls comptent
encore le un et le zéro, ainsi que l’éternel
retour de la bêtise humaine. tes misérables
réflexions philosophiques sur le comment
et le pourquoi étaient aussi inutiles pour
aujourd’hui que la découverte d’un bouton
sur le cul de toutânkhamon. mais continue
tranquillement tes recherches, mon cher
collègue, ou mieux encore, laisse les
machines inventer de nouvelles découvertes
auxquelles tu croiras, car un jour, tu ne
pourras plus faire la différence entre la
vérité et la réalité. si c’est le cas, les têtes
mécaniques t’accuseront de mentir ou te
réinventeront tout simplement. « que
chacun se sauve comme il peut », dit le
cow-boy en chevauchant vers le coucher
du soleil, arborant son large sourire de
bombardier nord-américain qui lui permet
de remporter les élections. la peur est son
argument le plus puissant. et toi ? de quoi
as-tu peur ? qui ou quoi choisis-tu, quels
mensonges racontes-tu à tes enfants, qui
est responsable du fait qu’ils tueront demain
leurs voisins ou seront eux-mêmes tués ? ces
générations, qui ne représentaient que deux
milliards et demi ou trois milliards, savaient
ce qui allait se passer. et nous le savions
tous. (n’ose pas contredire cela à ce stade
avec un nouveau mensonge, espèce de lâche
de merde !) mais la bêtise humaine ne connaît
pas de limites. un et zéro, ‚marche‘ ou ‚arrêt‘, à
gauche, à droite, noir, blanc. aujourd’hui, plus
de huit milliards d’êtres humains s’accrochent
à cette planète, alors qu’un seul imbécile
aurait suffi à la détruire. le destin ? les
dieux ? c’est dingue ! le bouillon primitif a
été à l’origine de tous les maux. aujourd’hui, ce
sont les programmes informatiques qui
expliquent nos relations humaines. ça, et rien
d’autre, c’est ton gros lot personnalisé. c’est

toi, l’être humain, cette créature primitive
pitoyable, dévoreuse de charognes et
d’âmes, puante, rotante, pétante, poussée
par la peur, gonflée par le botox et les
pilules, les injections et le plastique, cette
créature inesthétique qui n’a jamais
vraiment réussi à marcher debout, la
cause de tous les maux … exactement : c’est
toi-même. pendant ce temps, un cosmonaute
russe s’est lui aussi envolé vers le coucher du
soleil, d’abord à la verticale, puis en décrivant
une douce trajectoire cométaire, fuyant
la pluie de bombes qu’il a lui-même
provoquée. mais où donc, où veux-tu
atterrir, alors que tout est en feu ? quand
tu atterriras, toi aussi tu seras dévoré, au
moins cela est certain, toi, la grande gueule
décorée de médailles, au moins cela. hellau °!

 
—–
 

das leben an sich, es ist nichts wert. schwarz
und weiss, leben oder tod. null und eins. die
programme erklären uns das menschliche
miteinander, zünden katastrophen an und
löschen aus, je nach routine, nach preis, nach
belieben. heisst es der oder die oder das
bombe oder gibt es noch weitere geschlechter
daneben, dazwischen oder ausserhalb? sowas
lässt freundschaften zerbrechen, lässt kriege
entstehen, wo auf jeder seite wohlgenährte
götter menschenleiber in munition zu giessen
wissen. gestern noch war es das brot des
nachbarn, das du gegessen hast, morgen wirst
du sein blut trinken, so ist der mensch, wenn
er am ende angekommen scheint. die welt
brennt im sommer dort, wo sie brennen muss
und ihr, die ihr heute jammert, habt davon
gewusst, bevor ihr eure fundamente aus
beton dort hinein gegossen habt. es lässt sich
eben nicht alles beherrschen. heute zählen
nur noch die eins und die null und die ewige
wiederkehr der menschlichen dummheit. dein
elendes philosophieren über das wie und das
warum war für das heute so wertlos wie die
erkenntnis über einen pickel am arsch von
tutanchamun. aber forsche ruhig weiter, lieber
kollege, oder besser, lass maschinen neue
erkenntnisse erfinden, denen du glauben wirst, weil
du den unterschied zur wahrheit, zur wirklichkeit
irgendwann nicht mehr erklären kannst. wenn
doch, werden maschinenköpfe dich der lüge
bezichtigen oder dich einfach neu erfinden. ‚rette
sich, wer kann‘, sagt der cowboy und reitet in
den sonnenuntergang, lacht sein überbreites
nordamerikanisches bomberlachen mit dem er
wahlen gewinnt. angst ist sein stärkstes
argument. und du? wovor hast du angst? wen
oder was wählst du, welche lügen erzählst du
deinen kindern, wer dafür verantwortlich sei, dass
sie morgen ihre nachbarn töten oder selbst
getötet werden? jene generationen, die nur
zweieinhalb oder drei milliarden ausmachten, die
wussten, was passieren wird. wir alle wussten
das. (wage es nicht, an dieser stelle mit einer
neuen lüge zu widersprechen, du feiges
arschloch!) doch die menschliche dummheit
kennt keine grenzen. eins und null, an oder
aus, links, rechts, schwarz und weiss. heute
klammern sich über acht milliarden menschen
zu viel an diesen planeten, wo schon ein
einziger dummer ausgereicht hätte, ihn zu
zerstören. schicksal? götter? hirnfick! die
ursuppe war der anfang allen übels. heute
erklären uns computerprogramme unser
menschliches miteinander. das, genau das ist
dein personalisierter hauptgewinn. du mensch, du
jämmerliches, aas und seelen fressendes, du
stinkendes, rülpsendes, furzendes, von angst
getriebenes, von botox und pillen, von spritzen
und plastik aufgetriebenes unästhetisches
urwesen, dem der aufrechte gang nie recht
gelungen ist, die ursache allen übels bist …
genau: das bist du selbst. währenddessen ist
auch ein russischer kosmonaut in den
sonnenuntergang gestartet, senkrecht
zuerst, dann in sanftem kometenbogen flieht
er vor dem bombenregen, den er selbst
heraufbeschworen hat. aber wohin nur, wo
willst du landen, wo doch alles brennt? wenn
du landest, wirst auch du gefressen werden, ja
wenigstens das ist gewiss, du mit orden
dekoriertes grossmaul, wenigstens das. hellau °!

 

foto: coucher du soleil
sonnenuntergang
la garde, 21. september 2025
 
 
° cri de guerre au carnaval de cologne
° schlachtruf beim kölner karneval
 
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[ au-delà de l’horizon ]

Samstag, Juni 6th, 2026

 

il y a près de 25 ans, une douleur
qui me vidait de toute ma force
m’a tiré de mon sommeil pour la
première fois. elle est devenue
mon quotidien. maintenant, je suis
à bout, j’ai besoin de repos, d’une
pause. cela n’était pas prévu. mais
il n’y a jamais eu de plan, n’est-ce
pas ? une sorte d’avenir était loin

des utopies, au-delà de l’horizon

c’était vraiment une erreur ?

 
—–
 

vor fast 25 jahren riss mich
zum ersten mal ein alle kraft
fressender schmerz aus dem
schlaf. er wurde zum alltag. jetzt
aber bin ich leer, jetzt bräucht ich
ruhe, endlich eine pause. so war
das doch nicht geplant. aber es
gab nie einen plan, oder? sowas
wie eine zukunft lag fernab von
utopien, jenseits des horizonts

war das wirklich ein fehler?

 

foto: enfermez les parents !
sperrt die eltern ein!
le pradet, 03. mai 2026
 
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[ matin maussade, morose ]

Sonntag, Mai 3rd, 2026

 

à la plage, des heures plus tard. il
y a étonnamment peu de monde ici
et, comme d’hab, les personnages
excentriques sont aussi de la partie
qui, dressés comme des suricates
scrutent leur territoire. ignorant
les regards, l’odeur nauséabonde
des cadavres parfumés, avancer en
zigzaguant jusqu’au bout. s’allonger
sur les pierres chaudes, fermer les
yeux. monde déconnecté. douleur
éteinte. respirer. devenir la mer. en
rêve, ramasser des pierres contre
l’engrenage, enfin, briser le moulin

 
—–
 

am strand, stunden später. es

sind erstaunlich wenig leute hier
und wie immer schräge figuren
darunter, die, aufgerichtet wie
erdmännchen, ihr kleines revier
abscannen. blicke ignorieren, den
gestank der parfümierten kadaver
ignorieren, im zickzack vorbei bis
ans ende. auf die warmen steine
legen, augen schliessen. welt
abgeschaltet. schmerz aus. nur
noch atmen. das meer werden. im
traum steine sammeln gegen das
getriebe, die mühle zerbrechen

 

foto: matin maussade, morose
trüber morgen, müde
toulon, 03. mai 2026
 
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[ là-haut, derrière la lune ]

Mittwoch, April 15th, 2026

 

un échange sporadique de bulletins météo n’a
pourtant rien à voir avec nos vies. j’ai renoncé
à chercher des messages secrets quand j’ai
fini par être sûr de ne plus en trouver. ce que
j’ai décidé, m’as-tu demandé, et j’ai tout de
suite pressenti que tu interpréterais mal cette
réponse aussi. mais cela n’a plus d’importance
et pas un seul mot. moi ici, toi là-bas et entre
nous depuis longtemps tout un monde de feu

 
—–
 

ein zeitweiser austausch von wettermeldungen
hat nicht wirklich mit unseren leben zu tun. die
suche nach den geheimen botschaften habe ich
aufgegeben, als ich irgendwann sicher war keine
mehr zu finden. was ich entschieden habe, hast
du mich gefragt, und ich ahnte sogleich, dass du
auch diese antwort falsch deuten würdest. doch
es ist nicht mehr wichtig, kein wort. ich hier, du
dort, dazwischen schon lang eine welt aus feuer

 

foto: là-haut, derrière la lune
dort oben, hinter dem mond
la garde, 02. april 2026
 
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[ le retour de la lumière (2) ]

Freitag, Januar 16th, 2026

 

vendredi. plus aucun rendez-vous avant
lundi, dernier délai pour récupérer. ranger
et mettre de l’ordre, mécaniquement, mon
regard vers l’avenir. ce printemps prochain
jette déjà sa lumière crue sur les grandes
gueules, les lèche-culs et un public qui fait
comme si tout cela ne le concernait pas

 
—–
 

freitag. kein termin bis montag, eine letzte
frist für mich zum erholen. aufräumen und
ordnen, mechanisch, blick nach vorn. der
kommende frühling wirft schon sein grelles
bühnenlicht auf grossmäuler, arschkriecher
und auf ein schweigendes publikum, das so
tut, als ob es mit all dem nichts zu tun habe

 

foto: le retour de la lumière (2)
die rückkehr des lichts (2)
le pradet, 15. januar 2026
 
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